Réinventer la Muséographie du Futur

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La muséographie est un médium créatif à ne surtout pas mettre de côté. Espace qui s'ouvre et se referme sur les plus belles oeuvres du monde, elle doit mettre en valeur la création qu'elle abrite et créer elle-même la sensation d'un espace conçu spécialement pour l'occasion. A l'heure de la montée en puissance du digital, il est important de donner à la muséographie assez d'espace pour qu'elle existe, et plus encore. Plaidoyer pour la muséographie, en s'appuyant sur l'exposition "Albert Frey and Lina bo Bardi: a search for living architecture", au Palm Springs Art Museum.

 

 

Une (re)naissance

 

L'exposition réunissant le travail des architectes Albert Frey et Lina bo Bardi actuellement au Palm Springs Art Museum (et ce jusqu'au 7 janvier 2018) en Californie, retrace avec précision les liens invisibles qui rapprochent les deux protagonistes, bien qu'ils ne se soient jamais rencontrés. Et c'est dans la présentation même de l'exposition que l'histoire prend vie. Bien que les deux architectes soient consacrés pour leur travail effectué dans la période après Seconde Guerre Mondiale, la mise en scène élaborée à notre époque permet de rappeller que ces deux là ne peuvent être qu'immortels.

 

En effet, il est souvent courant de choisir d'effacer le parcours de visite et l'espace tout entier, afin de donner les pleins pouvoirs à l'art présenté. Des couleurs neutres entre autres, un éclairage efficace mais sans parti pris, bref, un contenant qui s'efface au profil du contenu. Et c'est grâce à ce type d'exposition, que la muséographie peut retrouver du souffle, et une véritable raison d'exister en tant que telle. Presque sans retenue, elle s'inspire de la volonté de Frey et Bo Bardi  de connecter les gens et les éléments. Elle est la passerelle qui nous donne accès à l'art, et celle qui le met en valeur. Un projet osé aux couleurs suivant les ambitions et les tendances d'aujourd'hui, et qui pourtant permet de mettre la muséopgraphie sur le même pied d'égalité que l'architecture d'intérieur.

 

 

 

Une réponse au Digital

 

Les expositions virtuelles seront bientôt monnaie courante. On ne se déplacera plus pour voir Frey, Bo Bardi ou Monet. Et pourtant, se déplacer est la clé. Car s'il est facile à présent de configurer des logiciels qui vont dans ce sens, il n'est pas aussi facile de comprendre une exposition sans s'en imprégner, ni de ressentir le but de l'artiste et l'ampleur de son oeuvre. La muséographie, ou scénographie d'exposition, se doit d'évoluer alors, afin de pouvoir contrer la tendance. Scénographes et architectes doivent explorer de nouvelles voies, nous emmener dans un univers propre à chaque manifestation culturelle. Ils se doivent même peut-être, d'aller trop loin. 

 

Réinventer la muséographie du futur, c'est se doter d'outils bien réels et complémentaires, comme par exemple ici la réédition Arper de la chaise Bowl créé par Lina Bo Bardi. Mais c'est aussi faire confiance à son imagination en tant que créateur d'ambiance, en tant que compositeur d'espace. Le public en a assez d'aller au musée pour trouver une succession de pièces et de couloirs, il veut de l'action, du rêve, et avoir la sensation que l'espace qui l'entoure rend réellement hommage à l'artiste exposé. Bien heureusement, les créatifs sont de plus en plus performants à ce jeu là. La muséographie n'est pas morte, et le digital n'a qu'à bien se tenir.

 

 

Cela faisait longtemps que je n'avais pas écris un article "à reflection"... j'espère qu'il vous a plu!

 

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M E R C I

Source: Dexigner

 

Chloé Valette